Témoignages

Lorsque la violence se joue dans l'entre-soi masculin elle ne porte pas de nom, elle devient naturelle, on l'appelle le "Monde des garçons". Cette brutalité je me la suis prise en plein fouet à l'âge de 4 ans, un incident de vie qui a déterminé mon rapport aux hommes.

C'est étrange comme le silence peux tout envelopper. C'est fort les silences. Le miens il a couvert orgueil et peur et j'aurais pu rester enveloppé dans celui-ci longtemps si je n'avais pas découvert la littérature. Les auteurs m'ont fait rejoindre des compagnons qui chuchotent et je crois qu'il n'y a pas plus fort que les mots des autres pour entendre ses propres silences.

Le témoignage a été une longue construction, surement la construction de ma vie, mais je savais que lorsque je commencerai à parler il faudrait que rien ne puisse m'arrêter, que le flot des mes paroles recouvrent tous, les gênes, les silences amicaux, les égarements judiciaires et la pudeur. Ah la pudeur…

Un homme c'est un agresseur, un requin dont on doit se méfier… alors un homme qui est victime c'est quoi ? Une étrangeté. C'est dans cette faille que je me suis toujours infiltré, glissé en poussant des coudes, sans vraiment savoir s'il s'agissait d'une place ou bien d'un combat.